Non, une grossesse n’est pas forcément la fin des études!

affiche de la campagne " Mat ta capote" du CNLS

Affiche de la campagne  » Mat ta capote » du CNLS

La publicité togolaise quand tu nous tiens! Depuis les publicités togolaises m’ont fait sérieusement douter de l’existence d’agences de communications professionnelles dans le pays. Il y a longtemps que je zappe lorsqu’elles passent sur nos chaînes de télévisions. seulement voilà, je suis tombée sur l’une d’elles qui m’a profondément outrée. Pas parce que la qualité n’est pas bonne ( elle est légèrement au dessus des productions habituelle, encore quoique!), mais le message à mon avis n’est pas de nature éducative.

Il s’agit de cette publicité du Conseil national de lutte contre le SIDA, regroupant 5 jeunes élèves parlant de leur projet d’avenir. Dans cette pub, 4 camarades d’école énoncent à tour de rôle leur métier d’avenir ( avocate, médecin, professeur..). Interrogée, la cinquième fond en larmes et déclare qu »elle ne pourra réaliser aucun souhait à cause de sa grossesse. Et à la publicité de conclure que pour éviter le SIDA, il faut des rapports sexuels protégés.

Où est le problème?

A priori, nulle part. Mais la communication ayant une influence très importante sur les masses, je dénonce les clichés et les sous-entendus contenus dans cette publicité. Surtout au vu de la cible à laquelle est destinée cette publicité, c’est-à-dire les adolescents.

Tomber enceinte pendant ces études, oui c’est un problème; Déjà, l’on fait face à des responsabilités pour lesquelles on n’est pas forcément préparé; On suspend ou arrête ces études; on doit faire face au regard et au jugement de la société… Mais est-ce pour autant un drame?

Pour cette publicité, oui! Mais moi je dis non. Car cette campagne véhicule l’idée selon laquelle tomber enceinte sur les bancs de l’école prive la jeune élève d’avenir. Certes, c’est vrai quand l’élève n’a pas de soutien.

Mais dans une famille qui soutient une élève enceinte, elle reprend souvent les études après cette interruption. Une grossesses a-t-elle jamais empêché quelqu’un de réaliser ses projets d’avenir? Nous sommes dans une société où la télé éduque beaucoup les enfants. Et je pense que cette publicité est de nature à pousser les jeunes filles scolarisées vers des avortements clandestins, qui au mieux détruisent leur santé de reproduction, au pire leur ôtent la vie.

Je ne dis pas que dans l’absolue, toutes les adolescentes qui tombent enceinte s’en sorte; mais j’ai eu des camarades au collège et au lycée qui n’ont pas pour autant été laissé pour compte malgré leur grossesse. Aujourd’hui, elles ont réussi dans la vie et sont épanouies.

Tomber enceinte n’est pas un drame! Mais donner le sentiment aux jeunes que c’est un drame, est dangereux. C’est les pousser vers d’autres pratiques encore plus dangereuses; Le Conseil National de lutte conte Le Sida devrait retirer cette publicité ou la revoir. Il en va de l’avenir de nos jeunes filles.

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3 réflexions sur “Non, une grossesse n’est pas forcément la fin des études!

  1. Bonjour Marthe!
    Sujet effectivement bien sensible et à savoir prendre avec des pincettes.

    Dans un premier temps, ce que je n’ai pas vraiment bien compris, c’est le rapport entre la grossesse de la 5e élève et la conclusion sur le SIDA et les capotes. Je veux dire, est-ce une publicité qui vise à sensibiliser contre les dangers du SIDA ou contre les grossesses dans le milieu scolaire?! à recadrer selon moi pour bien faire la part des choses.

    Ensuite, c’est vrai que dans l’idéal, pour avoir un parcours scolaire ‘normal’, le mieux serait de ne pas tomber enceinte pour une fille. Encore une fois, une injustice qui pointe son nez, c’est le frein que va constituer ladite grossesse pour la fille sans doute, mais pas pour le garçon!!! Lui va continuer sa scolarité ‘normalement’, tandis que la fille, avec son ventre qui ne va cesser de grossir, va à partir d’un moment se retrouver coincée chez elle, rater un examen, etc etc. Je pense que c’est un élément qui peut servir à sensibiliser les élèves.

    C’est vrai que lorsque la famille est aux côtés de la jeune fille, lorsqu’il y a du soutien mais aussi un minimum de moyens financiers, il y a toutes les chances de pouvoir reprendre une scolarité à peu près normale après l’accouchement. Mais de façon assez globale, ce n’est pas toujours évident, surtout dans nos pays frappés par la misère, une bouche de plus à nourrir pour une famille qui n’en a pas les moyens et qui donne déjà pratiquement tout pour l’éducation de ses enfants, c’est difficile… Celles qui s’en sortent sont vraiment chanceuses je trouve, ou bénies d’une très belle étoile.

    Là où je rejoins entièrement ton point de vue, c’est bien le fait que la stigmatisation des jeunes filles écolières enceintes que véhicule ce genre de ‘publicités’ favorise effectivement les avortements ‘au noir’. Il faudrait prendre le problème autrement, communiquer moins agressivement mais toujours avec fermeté, pour faire comprendre aux jeunes qu’en fait, ce n’est pas le moment idéal sur les bancs de l’école parce que , parce que etc… tout en leur faisant prendre bien conscience des responsabilités qu’un enfant à cet âge implique, mais aussi en leur faisant savoir que des structures existent pour leur venir en aide, pour les conseiller, les aider, etc.

    En tout cas, très bon sujet que tu évoques là dans ton article.
    Lol regarde tout ce que ça m’a fait écrire en commentaire, désolée! lol.
    Bises à toi!

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