Le leadership féminin, et si c’était simplement un marché de dupes?

cafe1J’ai décidé d’écrire un billet dans ce blog longtemps jeté aux orties. Parce que pour une fois encore, j’ai décidé de parler d’un sujet qui me dérange dans la vie socio-politique africaine, ou plutôt togolaise je veux dire: le leadership féminin. Et un statut Facebook n’aurait pas suffit. 

Je ne sais plus à combien d’ateliers et forum sur le sujet je suis allée. Actuellement en cours à Lomé, une rencontre internationale sur le leadership féminin. J’y ai fait plusieurs tours et participé à certaines discussions. Et un autre dont l’invitation souffre encore dans mon téléphone en attente de décision. J’hésite à y aller parce que j’ai peur d’entendre les mêmes choses que je m’entends répéter depuis des années: « femmes, prenez le pouvoir ».

Et encore, si ce n’était que ça, ça me suffirait amplement, je perdrai volontiers une heure et demie ou deux jours pour l’entendre. Le problème du leadership féminin au Togo à mon avis est ailleurs. Qui parle de leadership féminin, et qui le symbolise? Ce sont les vraies questions qu’il faut se poser.

Qui parle de leadership féminin?

Sans vouloir rentrer dans un conflit de génération, j’ai juste fait une remarque: C’est toujours les mêmes femmes, la cinquantaine ou plus, au devant de la scène politique et sociale. Les mêmes qui depuis des années circulent dans les arcanes officielles. Les mêmes qui vont et reviennent aux postes nominatifs et électifs. Les femmes qui détériorent l’image de la femme leader parce loin des préoccupations des jeunes filles togolaises: le raisonnement est simple: celles là ont leur jeunesse derrière elles, nous avons encore plus de trente ans devant nous pour atteindre leur niveau. Avant, on a le temps de se construire, de trouver un travail, de faire des enfants et enfin prendre la retraite dans un poste confortable où on se retrouve avec l’étiquette femme leader.

Le problème du leadership féminin au Togo, c’est le manque d’une génération intermédiaire de leader, jeune, à laquelle s’identifieraient les plus jeunes. Suzanne Aho, Candide leguèdè ou Victoire Dogbe sont des femmes leaders, certes, mais elles restent éloignées des réalités  éloignées des jeunes filles de classes moyennes qui rêvent de réussite sociale.

Je le dis et je le répète: on pourra organiser 1000 forum  sur le leadership féminin en Afrique, ça ne servira à rien tant que les modèles de leadership féminin que nous avons sont des modèles tronqués.

Qui symbolise le leadership féminin?

Ce sont les mêmes, auxquelles ma génération et la suivante ne s’identifient pas. Sans vouloir dénigrer nos ainées, je dis que l’éducation seule ne suffira pas à faire de la jeune femme togolaise, une femme leader tant que les modèles qu’on nous offre sont: les femmes potiches qui soit, occupent les ministères dédiés aux enfants, mémés et pépés, ou d’une prétendue action sociale ( Il suffit de regarder la composition des membres des différents gouvernements togolais: combien de femmes aux vrais postes ministériels comme la défense, le budget ou les finances, la sécurité et j’en passe…);

Soit des modèles politiques qui servent à meubler les sièges à l’assemblée nationale et différentes directions parce qu’il « faut une femme » pour faire « mimi ». Dans les postes électifs, elles n’ont aucun rôle décisif, que celui de compléter le nombre ( La dernière HAAC en est une illustration, ou faites un tour à l’assemblée nationale togolaise pour voir de quoi je parle).

Si ce ne sont pas des modèles sortis de nulle part qui ne vivent pas nos réalités et vivent dans les nuages (suivez mon regard…) et qui avec une parcelle de pouvoir sont devenues immortelles.

Qui nous faut-il?

Il nous faut des femmes, qui ont réussi en se battant bec et ongles, à qui la concurrence et la vie n’ont pas fait cadeau, dont on peut suivre la carrière pendant des années. Pas des femmes arrivées aux affaires dans la cinquantaine qui disparaissent après quelques années, quand elle ne s’accrochent pas à des privilèges et deviennent des toupies.

Au Togo, nous avons besoin de nos Rama Yade, de nos Rachida Dati, de nos Najat Belkacem, de nos Olivia Pope, de nos Léonora Miano, Isabel dos Santos, de Fatou Bensouda, d’Omotola, de Lupita Nyongo , Irène Koki Mutungi…

Il nous faut de vrais pionnières, adversaires farouches qui ne suivent pas les sentiers battus  mais qui suivent leur conviction, leur principe, qui mobilisent… Nous sommes 53 % de cette population et nous devons encore supplier qu’on nous cède du terrain?

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