Le casque, non grata à Ouaga

Depuis quatre jours que je suis dans la capitale burkinabé, je vais de surprises en surprises. Je vous passe le respect du code de la route, qui est partout pareil, que ce soit dans mon pays, en Côte d’Ivoire ou au Sénégal que j’ai visité récemment. Mais une chose extraordinaire que j’ai remarqué dans ce pays, l’absence de casques.

Si les autorités togolaises ont dû prendre des mesures drastiques pour obliger les motocyclistes togolais à porter le casque et éviter certains décès bêtes en cas d’accidents, au Burkina Faso par contre, le casque semble ennemi des uns et des autres.

Depuis le dimanche, je suis à Ouaga. Je découvre une ville où le nombre de motocyclistes est proportionnel à la population (j’exagère, je sais). Partout des motos, par milliers, mais surprise…, aucun casque. J’ai beau fouillé la circulation comme à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin, peine perdu. Je n’ai pas vu un semblant de casque sur la tête de quelque automobiliste que ce soit, même pas une casserole en guise de protection de la tête ( oui, les clichés ont la vie dure). 

Et ce matin, en allant à la formation des femmes journalistes sur le CMS WordPress pour lequel je suis ici, j’aborde le sujet avec ma compatriote. Le chauffeur qui nous conduisait, m’expliqua alors que lorsque la décision avait été prise en 2006 d’imposer le casque, les burkinabé auraient manifesté contre la décision.

Pas sûre de la véracité de cette information, je repose la question a mon ami Boureima venu me faire découvrir Ouaga. Puis j’écoute avec surprise l’histoire de la « révolution du casque » en 2006.

Toujours pas convaincue, ( non pas de la véracité de l’info, mais de la curiosité dans l’attitude des ouagalais), je pose la question a mon autre ami que je retrouve le soir, et par ailleurs seul burkinabé que j’ai vu rouler avec un casque. Je lui explique que dans mon pays, le policier a le droit de réquisitionner la moto d’un usager et de le lui rendre quand ce dernier revient avec un casque.

Il me fit alors cette étonnante phrase:  » si un policier ose ça ici à Ouaga, il perd son travail. Les burkinabé s’étaient révolté parce que les policiers avaient voulu faire leur beurre sur le dos des populations. C’est ce qui avait entrainé ces émeutes. « 

J’eus envie de lui répondre: « ce n’est pas les sous que le policier te prendra qui est important. Mais ta vie et celle des autres usagers de la route. Et surtout quand tu perdras ta vie, le policier sera chez lui en train de manger tranquillement son « Tô » ( pâte de maïs au Burkina Faso). » Mais lui au moins avait son casque. Et je me suis promus de le dire au prochain qui me parlera encore de l’arnaque pour justifier le fait de ne pas porter de casque à moto

Publicités

Une réflexion sur “Le casque, non grata à Ouaga

  1. Etonnant vu la pléthore de motocyclistes. La fameuse révolution du casque avait elle lieu d’etre? Le casque profite à l’usager et non au policier. De toute façon les agents ont toujours pratiqué le racket dans nos pays donc l’argument ouagalais ne tient pas la route.

    J'aime

Vos réactions et commentaires

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s