Urgence au CHU Sylvanus Olympio!!!

RodrigueCe billet, je l’ai écrit depuis mai dernier. Puis j’avais décidé de ne pas le publier. Mais un post sur facebook ce matin m’a énervé et je me suis dit qu’il était temps que je revienne sur l’état catastrophique de nos services de santé, en particulier le personnel qui est parfois désagréable, quand ils ne sont pas dans le mépris total des patients.

L’épisode ci-après raconte comment les urgences et les sages-femmes m’ont traité alors que j’avais ramené une femme enceinte à l’hôpital à une heure du matin.

À chaque fois que l’on me parle des réalités au CHU Sylvanus Olympio, j’ai toujours à une exagération. Mais une expérience dans la nuit de vendredi à samedi  03 mai dernier m’a fait découvrir une horreur ( j’assume mon mot); oui l’horreur dans laquelle les courageuses mères et femmes du Togo doivent accoucher. Se taire aurait été un silence complice.

Le vendredi 2 mai, je décide avec mon cousin et ma sœur de faire un tour en ville ( pour une dernière soirée avec mon cousin qui partait étudier à l’étranger). Vers une heure et demie, en me rangeant devant le Rézo, j’aperçois de l’autre côté de la rue, une femme enceinte en train de pleurer sa douleur, et un homme son compagnon qui essayait de la soutenir du mieux qu’il pouvait, et une dernière personne qui transportait un sceau se dirigeant vers le boulevard du 13 janvier. Sans couper le moteur, je vais vers eux pour leur demander ce qu’ils faisaient là avec une femme en travail à une heure du matin. Le monsieur me répondit que sa femme est en travail depuis 17h. Je lui posai la question de savoir pourquoi se rendait-il au CHU alors que l’hôpital du quartier des étoiles étaient si proche ? Il me répondit que l’hôpital leur a demandé d’évacuer vers le CHU. Alors je fis descendre mon cousin qui monta à l’avant au côté de ma sœur pour permettre aux trois personnes de monter. Les cris de douleurs de la femme étaient insupportable.

Je me demandais s’il ne fallait pas appeler les pompiers. Mais vu l’heure, ( et connaissant leur réactivité je décidai d’emmener moi même la femme à l’hôpital). Non pas sans question pendant que je fendais le boulevard à toute allure pour emmener cette femme et son mari à l’hôpital.

Pourquoi en décidant d’évacuer cette femme en travail de la clinique des étoiles vers le CHU, une ambulance n’a pas fait le travail et il fallait qu’elle marche de la clinique jusqu’au boulevard en douleur ? Est-ce parce qu’il n’y avait plus d’ambulance ou parce qu’elle n’avait pas d’argent ? Et si j’opte pour la deuxième hypothèse. Est-ce parce qu’elle n’avait pas les moyens de se payer cette foutue ambulance qu’elle était abandonnée à son sort ?

Mais le pire reste à venir

Je me posais encore ces questions quand nous sommes arrivées au CHU. J’avoue que je ne connais pas très bien cet hôpital. A l’entrée, je demande aux gardiens ou reçoit-on les urgences ?

–       La-bas, m’a-t-il indiqué avec désinvolture.

Sans trop le regarder j’accélère et j’arrive au lieu indiqué. Mon cousin descend et demande à un « infirmier » en blouse d’apporter un brancard ou un fauteuil roulant pour la dame. Le monsieur à pas lent, s’approche delà voiture, jette un coup d’œil à l’intérieur puis lui répond :

–       au fait, elle a quoi ?

–       Elle est en travail depuis 17 heures, j’ai répondu en coupant la parole à mon cousin.

–       Emmenez là de l’autre côté, ici nous ne les recevons pas.

J’étais choquée. Choquée par l’indifférence avec laquelle il répondait à la question. A peine avait-il fini de me répondre qu’il avait tourné les talons et a disparu derrière une porte.

De l’autre côté,c’était les urgences chirurgicales. Un groupe de personne en blouse discutait à baton rompu dans le vestibule. Un nous remarqua enfin quand j’ai commencé par tempêter et s’approcha de nous. Il m’interrogea sur les maux de la personne qui était dans la voiture, sans même essayé de la voir. Même réponse qu’à celui des urgences. Il me renvoya dans une autre direction.

Ce que je ne comprends pas c’est qu’il n’y est pas un dispositif de prise en charge d’un patient depuis l’arrivée aux urgences. Si je n’avais pas de voiture, si j’avais tristement abandonné cette femme sur le trottoir? que serait-elle devenue?

A la maternité

Enfin j’arrive à la fameuse maternité. Là, il n’y avait personne, seulement quelques familles de patientes qui dormaient à même le sol devant la salle où il est indiqué « Maternité ».

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’une femme en blouse est sortie de  la pièce et me demanda « si la patiente pouvait marcher ». Je lui répliquai sèchement que si c’était le cas, on ne serait pas dans tous nos états. Je demandais à l’homme si il pouvait soulever sa femme. Il fit le geste en signe de réponse. Nous faisons entrer la femme dans le couloir et c’est seulement à ce moment qu’une des jeunes infirmières ou sage femme ( je ne sais pas trop, s’approcha de nous avec un fauteuil roulant. On intima l’ordre à l’homme de quitter les lieux. Elle poussa la femme dans une salle en face de moi. Mais là le spectacle qui s’offrit à moi était extraordinaire : la nouvelle femme arrivée n’arrêtait pas de crier:

– lève-toi et monte sur le lit; ne me perd pas mon temps. L’ai-je entendu dire à la femme, qui était à un pas de perdre connaissance à cause de la douleur.

Dans la salle ou 3 ou 4 autres femmes (des mères sûrement) dormaient. Je ressort de la salle, abandonnant la pauvre dame entre leur main.

Dehors, ma petite sœur me dit  » Si jamais je tombe enceinte, mon mari devra s’arranger pour que je ne vienne pas accoucher ici. C’est un cauchemar. Je m’en fou s’il doit s’endetter pour que j’accouche dans une clinique »

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Une réflexion sur “Urgence au CHU Sylvanus Olympio!!!

  1. Valdo dit :

    Très réalité qui au jour le jour prend de l’ampleur dans nos hôpitaux publics. Le constat est toujours le même, une incurie qui ne dit pas son nom. Et croyez moi chère Marthe, que la suite de l’histoire, si vous l’aviez sue, vous révolterais encore plus.
    Les médecins dans les CHUs et autres hôpitaux publics font de la surfacturation sur les ordonnances, et autres manigances.

    Votre soeur qui voudrait elle, par contre accoucher dans une clinique, n’en sera pas au bout de ses peines, car dans les dites cliniques s’il faut leur attribuer ce nom, renvoie toujours vers les CHUs quand elles sont incompétentes devant des cas compliqués.

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