La bataille des beaux-fils en pays Kabyè

Tom le griotCurieuse manière que de transformer des funérailles en compétition. Ça vous étonne ? Moi aussi j’ai été surprise de découvrir qu’en pays Kabyè*, les funérailles de la belle-mère sont une occasion de compétitions entre les beaux-fils.

Le manège semble anodin. Regroupé autour de joueurs d’instruments locaux, un groupe de personnes courent vers la maison mortuaire, chantent, dansent et surtout arborent fièrement des présents. A la tête un homme, ou plutôt un beau-fils saupoudré de talc. Il vient ainsi, accompagné des membres de son clan, rendre un dernier hommage à sa belle-mère. Quoi de plus normal, diriez-vous.

Beau-fils

Beau-fils accoutré pour un dernier hommage à sa belle-mère

Mais le spectacle devient intéressant quand la défunte a plusieurs beaux-fils. Alors la maison mortuaire se transforme en un champ de bataille où en lieu une compétition de So, une danse traditionnelle Kabyè.

Les funérailles en pays Kabyè sont une occasion idéale pour rendre hommage à la belle-mère. Pendant ces festivités qui ont souvent lieu en février, les beaux-fils et belles filles viennent rendre un dernier témoignage à leur belle-mère. Ce à travers chants et danses. Si les hommes viennent danser dans la belle famille accompagnés de présents, les belles filles quant à elles se livrent à un jeu bien curieux : Imiter la défunte à travers des mimiques. Et c’est souvent la belle-fille préférée (souvent proche de la défunte) qui gagne ce pari.

Une fierté populaire

Ces jeux, quoique insignifiants et relevant du folklore, sont devenus une tradition dans la culture kabyè. Pour les beaux-fils et belles-filles, qui se prêtent au jeu avec fierté, c’est un véritable honneur de se retrouver associer aux funérailles de la belle-mère. Ainsi, à chaque fois que l’occasion leur est donnée, ils s’y adonnent à cœur joie, chacun mettant du sien pour épater la garnison. Une institution au point où une fille dont le mari n’honore pas la belle-mère est implicitement déshonorée et n’est plus respectée par sa famille.

Rappelons que février est le mois de funérailles en pays Kabyè. C’est la période où activités champêtres et moissons sont finies. Alors, si vous avez épousé ou voulez épouser une fille Kabyè, préparez-vous. La belle-mère est primordiale.

* Peuple situé dans la région de la Kara à près de 400 km de la capitale togolaise

 

 

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