“La petite suceuse de doigt” de Patrick Katchawatou (Dernière partie)

© Sokey Edorh

Anita n’avait pas de brouillon, elle avait fini sa lettre au bout d’une trentaine de minutes, plia le papier en quatre, le posa sur sa table et se mit au lit. Au lever du jour, quand ses parents reviendront de l’église de la sainte miséricorde, elle apportera la lettre à sa maman.

Le matin, Anita fut réveillée par les douze coups sonnants de la petite clochette de la petite église de Saint Denis. Elle sortit de son lit et jeta un coup d’œil sur sa table, la lettre était bien là. Elle retourna s’asseoir sur le grand lit et sentit qu’elle était mouillée. Son caleçon était humide et lui collait à la peau comme si on l’avait trempée dans de l’eau sucrée. Elle se précipita dans les toilettes, enleva sa petite culotte et vit du sang. Elle s’étonna, se soulagea d’une urine subite et se rua dans la douche pour un bain matinal. Anita s’habilla après sa douche d’un grand pyjama, mit une petite culotte rose à dentelles blanches sur son caleçon noir en Cotton et se mit à table. Quarante cinq minutes après, quand elle entendit ses parents garer, elle se précipita dans les toilettes et vérifia si son tampax était mouillé. Il était ensanglanté. Anita sourit, refit rapidement une toilette  et prit la lettre posée sur la table et la déchira. Elle chercha le chargeur de son portable et chargea son téléphone. Quand sa maman frappa et ouvrit sa porte quelques heures plus tard, elle était à table, son cours de philosophie devant elle et le pouce gauche dans la bouche. Celle-ci referma doucement la porte tout en s’excusant et promit revenir plus tard. Anita sans un mot, fit d’accord de la tête et sourit à sa maman tout en suçant son doigt comme une petite enfant qui venait d’être sevrée. Immédiatement ses pensées allèrent à Jath, son cœur bondit dans sa poitrine et elle comprit qu’il lui manquait, peut–être qu’il l’appellerait avant la tombée de la nuit maintenant que son portable était allumé. Elle bavarderait avec lui et lui raconterait toute l’histoire. Elle sortit sa langue et la passa sur ses lèvres, elle eut la sensation d’être heureuse. Elle était aux anges ce matin là.

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