Je voulais être panafricaniste, mais…

Dans la publication de notre magazine annuel Latitudes de mon école, j’ai décidé de travailler sur le panafricanisme. Puisque le sujet de cette année est « Extrêmes en Europe ». J’ai jugé approprié de travailler sur un sujet qui était beaucoup plus proche de moi puisque africaine. Pour cela, en mai dernier, je me suis rendue à Paris aux éditions Menaibuc, pour y voir l’un de mes principaux interlocuteurs, Salomon Mezepo. Absent j’ai du me contenter de son compagnon de lutte, Jean Philippe Omotunde.

Notre premier contact a été plus que électrique quand je lui ai annoncé le sujet de mon reportage. Electrique parce que j’ai du supporter M. Omotunde au téléphone pendant deux heures afin de subir une leçon de panafricanisme et d’égyptologie dont je vous passerai bien volontiers les détails. En tout cas, je l’ai écouté pendant deux heures refaisant une histoire de l’Afrique que je ne connaissais pas. Le discours avait pour conclusion « Nous ne sommes pas extrémistes ». Plutôt séduite par son éloquence que son discours, j’ai décidé d’aller rencontré celui dont j’ai lu des billets sur son blog et les sites dédiés à son combat.

Je me rends à Paris quelques jours après notre entretien. Un local discret avec en avant une bibliothèque. Mes des livres aussi surprenants que leurs titres. J’y ai même acheté « L’origine biblique du racisme anti-noir« . En attendant de rencontrer mon interlocuteur, je me suis occupée à lire quelques pages du livre que je venais de me procurer. Mais ma vieille éducation catholique et protestante venait de recevoir un coup par la phrase suivante: « Le risque du Dieu Ternaire est d’autant plus grand qu’il affirme l’existence de trois races humaines, seulement à partir de la pseudo-malédiction proférée par l’ivrogne Noé à l’encontre de son second fils, Cham, Ancêtre biblique du Peuple noir. » Sans commentaire.

J’ai refermé le livre sans trop savoir pourquoi. J’avais un sourire en coin. J’ai commencé à impatienter quand du fond d’un couloir est sorti celui que tout le monde saluait avec révérence. Je ne savais pas que c’était le début d’un calvaire. Après nos présentations, il m’invite, au lieu d’une interview, à assister à un de ses cours sur la culture Kamite. Un plus pour moi. Comme ça, j’aurai de la matière pour poser mes questions.

Mais les choses allais se gâter. Pour commencer, il me présenta à son groupe de fidèles comme « madame la journaliste qui nous taxe d’extrémiste ». Et tout le monde a commencé par me jeter un regard que vous imaginez. Et de 15h à 22h, j’attendais qu’il finisse son cours pour m’accorder une interview. A force d’attendre, je finis par le faire prévenir de mon départ. Il suspend son cours et en guise d’au revoir me dit « Madame, là vous avez de quoi écrire votre article » et reparti finir son cours.

J’avoue qu’à un moment donné, je commençais par trouver séduisant qu’on défende la peau noir à corps et à cri. MAis à un moment donné je me suis perdue. J’aurai bien voulu être panafricaniste, défendre « la race ». Mais pour qui? Je pense que l’homme noir comporte en lui même ses contradictions. Loin de comparer les cas, les juifs se battent eux-mêmes pour que jamais ne soit oubliée la shoah. J’ai d’abord participé à un voyage allant dans ce sens.

Mais le noir ne se soucie pas de rappeler l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme dont il continue par être victime. C’est bien beau de défendre ses origines. Mais c’est mieux de le traduire par des actes. Surtout, que nos chefs d’états nous libèrent du joug de la malsaine françafrique qui enterre de plus en plus notre continent. Je veux bien devenir panafricaniste. Mais pour qui? Pour des populations qui demandent l’intervention de certains « puissances » dans un état souverain sois-disant pour instaurer la démocratie? Qu’une l’Organisation des Nations Interventionnistes (ONI=ONU) placent des rois en Afrique afin de mieux piller notre continent? Qu’ils n’hésitent pas à armer des rebelles contres des dirigeants alors que incapables d’agir dans d’autres payer où les violations de droit de l’homme sont flagrants? Le Yémen, la Syrie? Qu’attendent-ils pour intervenir?

Je veux bien devenir panafricaniste, mais pour qui?

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2 réflexions sur “Je voulais être panafricaniste, mais…

  1. le noir ne se soucie pas de rappeler l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme dont il continue par être victime. C’est bien beau de défendre ses origines. Mais c’est mieux de le traduire par des actes. Surtout, que nos chefs d’états nous libèrent du joug de la malsaine françafrique qui enterre de plus en plus notre continent. Je veux bien devenir panafricaniste. Mais pour qui? Pour des populations qui demandent l’intervention de certains « puissances » dans un état souverain sois-disant pour instaurer la démocratie? Qu’une l’Organisation des Nations Interventionnistes (ONI=ONU) placent des rois en Afrique afin de mieux piller notre continent? Qu’ils n’hésitent pas à armer des rebelles contres des dirigeants alors que incapables d’agir dans d’autres payer où les violations de droit de l’homme sont flagrants? Le Yémen, la Syrie? Qu’attendent-ils pour intervenir?

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