« La confusion des sentiments » de Kangni Alem (Troisième partie)

 

Le grincement du sommier t’a fait comprendre qu’il était enfin passé à l’acte, n’est-ce pas ? Allongés l’un à côté de l’autre, dans ce lit à une place, nous parlions sans oser nous toucher. Une prouesse qui frisait le ridicule. J’avais imperceptiblement laissé mon pagne se relâcher. Son torse nu m’attirait, puisqu’il avait gardé son pantalon. La chair attire la chair, celle de mes globes mamellaires toucha son épaule gauche, et il les prit dans ses mains. Instinctivement, je soupirai et ma main se dirigea vers son entrejambe. Nous avions beaucoup bu, et nos sens étaient affolés.

A la fin du premier round, il transpirait comme un boxeur maladroit, et se rua dans la douche pour se rafraîchir. J’en profitai pour te parler, tu n’avais pas raccroché le téléphone. Tu couinais, comme pour accompagner nos ébats, puis il est sorti de la douche, et j’ai déposé le téléphone. Trois fois de suite Rico m’a malaxé les chairs de son pilon ferme, trois fois de suite il est allé se rafraîchir. Sa descente dans mes profondeurs, opération simple, efficace qui me laissait exsangue et réjouie à chaque fois. Je voulais partager avec toi ce plaisir sans pareil, que même Freud, ton auteur de chevet, n’aurait pas renié, mais peine perdue, je ne pouvais pas te parler sans que Rico ne découvrît le piège malhonnête que je lui avais tendu, se servir de lui pour satisfaire la curiosité malsaine de mon mari, lequel allait payer une note de téléphone salée comme l’Atlantique, mais s’en foutait royalement du moment qu’il pouvait assister au triomphe de sa jeune épouse.

A quel moment as-tu raccroché ? Je ne sais plus. J’étais ivre, doublement, triplement. Je t’aimais, je m’endormis dans les bras de Rico en t’aimant fort, les larmes presque aux yeux comme chaque fois que je pense à la chance de t’avoir dans ma vie. A l’aube, il m’a encore fait vibrer pendant que je dormais encore, entre deux eaux je l’ai entendu crier clairement, « tu va me tuer, la fille-là tu vas me tuer, tu seras désormais ma copine, je ne te lâcherai plus. » Quand il est parti, j’ai dormi toute la journée, puis trois jours plus tard, j’ai compris que la réalité douloureuse de la confusion des sentiments venait de me rattraper. Chaque fois qu’il m’appelait, je n’osais plus te dire « Rico m’a appelé ». Je sentais que j’avais le béguin pour Rico, et cela, je ne savais plus le gérer. Surtout que tu m’avais dit, « une fois, une seule fois, pas de répétition. »

 

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